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assurance-vie· 7 min

Assurance-vie de plus de 8 ans : 3 raisons de garder, 3 raisons de transférer

20 août 2026

Assurance-vie de plus de 8 ans : 3 raisons de garder, 3 raisons de transférer

C'est l'une des questions les plus fréquentes dans nos premiers rendez-vous : "J'ai une assurance-vie de plus de 10 ans, elle ne rapporte plus rien. Je la garde ou je la transfère ?"

La réponse honnête : ça dépend. Et "ça dépend" ne veut pas dire "passons à autre chose" — il existe une grille de décision claire, basée sur 6 critères que nous appliquons systématiquement. Trois plaident pour garder, trois pour transférer.

Rappel du cadre fiscal

Une assurance-vie de plus de 8 ans offre :

  • Un abattement annuel sur la part de plus-value en cas de rachat : 4 600 € pour un célibataire, 9 200 € pour un couple
  • Au-delà de l'abattement, imposition à 24,7 % (PFU 7,5 % + prélèvements sociaux 17,2 %) — au lieu de 30 % avant 8 ans
  • Une antériorité fiscale qui se cumule année après année

L'antériorité fiscale se perd en cas de rachat total. Elle ne se perd pas si on conserve le contrat (même avec un encours résiduel symbolique).

3 raisons de GARDER votre assurance-vie actuelle

1. L'antériorité fiscale est précieuse

Si vous avez 15, 20 ou 25 ans d'antériorité, le compteur des 8 ans est largement franchi et vous bénéficiez de la fiscalité optimale. Ouvrir un nouveau contrat aujourd'hui repart de zéro — vous devrez attendre 8 ans pour retrouver l'abattement annuel sur le nouveau véhicule.

Le réflexe : conserver le contrat ancien comme véhicule de rachats, et ouvrir un contrat plus performant pour les nouveaux versements.

2. La clause bénéficiaire bien rédigée

Si votre clause bénéficiaire est soigneusement construite (clause démembrée, bénéficiaires multiples avec quote-part, désignation testamentaire), elle peut représenter des années de travail avec un notaire ou un avocat. La reproduire à l'identique sur un nouveau contrat suppose d'en refaire la rédaction — avec le risque d'erreur.

3. Le fonds en euros à taux bonifié

Certains contrats anciens (avant 2010) garantissent un taux de rendement minimum sur le fonds en euros (3 %, parfois 4 %) — clauses désormais interdites par la réglementation. Si votre contrat a cette clause, c'est un actif non reproductible sur le marché actuel.

3 raisons de TRANSFÉRER (ou de basculer les nouveaux versements)

1. Les frais excessifs

Un contrat ancien de banque peut afficher :

  • Frais sur versement : 3 % à 4,5 % (vs 0 % sur les contrats premium actuels)
  • Frais de gestion sur UC : 1 % à 1,1 % (vs 0,5 % à 0,7 % aujourd'hui)
  • Frais d'arbitrage : 0,5 % à 1 % par mouvement (vs gratuit aujourd'hui)

Calcul sur 10 ans pour 200 K€ d'encours : un écart de 0,5 % de frais annuels représente ~12 000 € de manque à gagner. À 20 ans : 30 000 €.

2. Le fonds en euros à 1,5-1,8 % (vs 3 % sur fonds enrichis)

Si votre contrat est en fonds en euros classique servant 1,5 à 1,8 %, vous perdez de l'argent en pouvoir d'achat (inflation > 2 %). Les fonds en euros enrichis ou fonds en euros immobiliers des contrats récents servent 2,8 à 3,4 % sur 2024-2025.

Différence de rendement : sur 100 K€ pendant 10 ans, c'est 15 000 à 20 000 € d'écart capitalisé.

3. La gamme d'unités de compte limitée

Un contrat ancien propose souvent 80 à 150 UC — toutes maison ou affiliées. Un contrat premium actuel offre 500 à 1 200 UC incluant :

  • Des fonds en gestion active de qualité (Carmignac, Lazard, BlackRock institutionnel)
  • Des ETF à frais réduits (iShares, Amundi institutionnel)
  • Des SCPI sélectionnées
  • Voire des FCPR éligibles ELTIF 2.0 sur les contrats premium les plus avancés

Cette ouverture transforme la performance long terme.

La stratégie optimale dans la majorité des cas

Plutôt que transférer ou garder, la stratégie que nous recommandons le plus souvent est mixte :

  1. Conserver le contrat ancien avec un encours résiduel symbolique (parfois 1 000 € suffisent) pour préserver l'antériorité fiscale et la clause bénéficiaire
  2. Effectuer un rachat partiel pour réinvestir sur un contrat premium (ou un contrat luxembourgeois si patrimoine ≥ 250 K€) qui devient le véhicule principal
  3. Sur le nouveau contrat : alimenter régulièrement, structurer l'allocation, optimiser la clause bénéficiaire
  4. Sur l'ancien contrat : exploiter l'abattement annuel disponible pour des rachats fiscalement optimisés

Cette stratégie capitalise sur les deux avantages : l'antériorité fiscale du contrat ancien + la performance et la flexibilité du contrat moderne.

Cas concret — Claire, cadre supérieure

Claire détient depuis 2008 une assurance-vie dans sa banque, avec 180 000 € d'encours. Frais : 0,9 % gestion UC, 1 % frais d'arbitrage. Fonds en euros à 1,75 %.

Diagnostic

  • Antériorité 18 ans = précieuse, à préserver
  • Frais et rendement = sous-optimaux
  • Clause bénéficiaire = standard "ordre légal", aucune valeur

Action retenue

  • Maintien du contrat ancien avec 5 000 € résiduels (préservation antériorité)
  • Rachat partiel de 175 000 €, fiscalement optimisé grâce à l'abattement annuel
  • Ouverture d'un contrat luxembourgeois premium (frais 0,55 %, accès FCPR via FAS, fonds en euros enrichi à 3,1 %)
  • Rédaction d'une clause bénéficiaire structurée avec un notaire

Impact à 10 ans

  • Économie de frais : ~7 000 €
  • Surperformance allocation : ~22 000 €
  • Optimisation transmission : potentiel non chiffré mais significatif

Les 3 pièges du transfert

1. La fausse "loi PACTE"

La loi PACTE de 2019 a ouvert la possibilité de transférer un ancien contrat vers un nouveau contrat du même assureur sans perte d'antériorité fiscale (article 125-0 A du CGI). Mais cette possibilité est limitée au même assureur, et tous les contrats ne sont pas éligibles. Vérifier précisément avant de demander un transfert.

2. La fiscalité du rachat partiel

Tout rachat sur un contrat de plus de 8 ans bénéficie de l'abattement annuel — mais sur la part de plus-value uniquement. Pour 175 K€ rachetés sur un contrat dont la plus-value représente 35 K€, l'imposition se calcule sur 35 K€ × prorata, soit ~9 K€ de plus-value taxable, dont 9 200 € (couple) absorbés par l'abattement → fiscalité quasi nulle.

3. La perte de droits liés au contrat

Certains contrats anciens incluaient des avantages annexes : assurance des proches, garantie plancher, conditions de prévoyance. Vérifier ces clauses avant tout rachat important.

Questions fréquentes

Le transfert d'un contrat vers un autre assureur entraîne-t-il la perte de l'antériorité fiscale ? Oui. Seul le transfert intra-assureur (loi PACTE) préserve l'antériorité — encore faut-il que les deux contrats soient éligibles.

Combien de temps un rachat partiel prend-il ? 2 à 4 semaines auprès d'un assureur classique. La fiscalité est appliquée à la source.

Faut-il systématiquement loger les nouveaux versements sur un nouveau contrat ? Pas systématiquement. Si votre contrat ancien a des frais corrects et une gamme suffisante, vous pouvez continuer à l'alimenter. C'est rare en pratique.

Quel délai pour ouvrir un contrat luxembourgeois ? 4 à 8 semaines entre la signature du dossier et la mise en place effective.


Votre assurance-vie a passé le cap des 8 ans ?

Un audit rapide (frais réels, allocation, clause bénéficiaire) permet de déterminer la stratégie optimale : garder, transférer, ou bâtir une stratégie mixte.

Prendre rendez-vous

Pour approfondir : les articles Contrat luxembourgeois : pour qui, à partir de quel montant et Clause bénéficiaire d'assurance-vie, et la page d'expertise Assurance-vie & contrats luxembourgeois.


Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. CAMPHORA est la marque commerciale de LS CONSEIL SAS (CIF AMF E011551, ORIAS 21.001.192). Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir comporte des risques, dont la perte en capital.

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